Engagement financier d'un État, d'une entreprise ou d'un ménage résultant d'emprunts passés. La dette publique est l'accumulation des déficits budgétaires et constitue un enjeu central des politiques économiques contemporaines.
La dette est une obligation financière née d'un emprunt : le débiteur doit rembourser le principal et les intérêts au créancier selon un échéancier défini. On distingue la dette par sa durée (court terme < 1 an, long terme), par son émetteur (dette publique, privée, des ménages) et par sa forme (obligations d'État, prêts bancaires, titres du marché monétaire).
| Pays | Dette / PIB | Visualisation | Notation (S&P) |
|---|---|---|---|
| Japon | 261% | A+ | |
| Grèce | 171% | BBB− | |
| Italie | 160% | BBB | |
| États-Unis | 122% | AA+ | |
| France | 112% | AA− | |
| Belgique | 105% | AA | |
| Espagne | 108% | A | |
| Allemagne | 64% | AAA | |
| Suisse | 39% | AAA |
La dette publique augmente quand le déficit primaire (hors charges d'intérêt) est positif, ou quand le taux d'intérêt réel (r) dépasse la croissance réelle (g). La règle d'or : si r < g, un État peut s'endetter sans que la dette explose. Si r > g → spirale d'endettement.
Les États émettent des titres sur les marchés primaires (adjudications du Trésor). Les taux d'intérêt exigés (spreads) reflètent la confiance des marchés. La BCE peut acheter ces titres sur le marché secondaire (QE, OMT) pour stabiliser les taux.
La dette est soutenable si l'État peut honorer ses engagements sans restructuration ni inflation excessive. Le FMI analyse la soutenabilité via le DSA (Debt Sustainability Analysis) en simulant plusieurs scénarios macro et de taux.
Un État peut décider de ne pas rembourser (défaut souverain) : Argentine 2001, Grèce 2012. La restructuration implique une décote (haircut), un allongement des maturités ou une réduction des coupons. Conséquences : exclusion des marchés, récession.
La dette publique est un outil de relance légitime en période de récession. Le multiplicateur budgétaire amplifie l'effet sur le PIB. L'austérité peut être contre-productive si elle casse la demande globale.
L'équivalence ricardienne (Barro) postule que la dette d'aujourd'hui est l'impôt de demain : les agents anticipent et réduisent leur consommation. Risque d'éviction des investissements privés (crowding out) par la hausse des taux.
Pour les pays émettant leur propre monnaie, la dette en monnaie locale ne peut pas entraîner de défaut. L'inflation est la véritable contrainte, pas la solvabilité. Vision contestée par les économistes orthodoxes.