Le marché du travail organise la rencontre entre l'offre (salariés) et la demande (employeurs) de travail. Ses équilibres déterminent le niveau de chômage, les salaires et la croissance potentielle d'une économie.
L'emploi désigne la situation d'une personne exerçant une activité professionnelle rémunérée. Le marché du travail est le lieu où s'ajustent l'offre et la demande de travail. Le salaire est le prix qui en résulte. Les institutions (syndicats, conventions collectives, SMIC, droit du travail) encadrent ce marché et le distinguent d'un marché ordinaire de bien.
Inévitable et temporaire : temps de transition entre deux emplois. Reflète l'appariement imparfait entre offre et demande (matching). Réduit par les plateformes d'emploi, le conseil, la mobilité.
Né d'inadéquations durables entre les qualifications des chômeurs et les postes vacants (désindustrialisation, révolution numérique). Nécessite formation, reconversion, politiques actives de l'emploi.
Lié au ralentissement économique et à la baisse de la demande globale. Keynes : la demande insuffisante crée du chômage involontaire. Remède : politiques de relance budgétaire ou monétaire.
Résulte d'un salaire supérieur au salaire d'équilibre (SMIC trop élevé selon les néoclassiques, rigidités nominales, conventions collectives). Débat persistant entre économistes.
Destruction d'emplois par l'automatisation, les robots et l'IA. Compensé historiquement par des créations dans de nouveaux secteurs. Débat renouvelé avec le GPT et l'IA générative.
Fluctuations prévisibles liées aux saisons (tourisme, agriculture, BTP). Les statistiques officieuses du chômage sont corrigées des variations saisonnières (CVS).
Relation inverse entre inflation et chômage (A.W. Phillips, 1958) : un faible chômage s'accompagne d'une forte inflation salariale. Les années 1970 (stagflation) ont remis en cause cette relation. La version augmentée des anticipations (Friedman-Phelps) introduit le NAIRU — taux de chômage non accélérateur d'inflation.
Le salaire d'équilibre est déterminé par la productivité marginale du travail. Les entreprises embauchent jusqu'à ce que la productivité marginale égale le salaire réel. Les rigidités salariales (SMIC, syndicats) créent du chômage involontaire.
Les salaires sont rigides à la baisse (money illusion, contrats). Le chômage est involontaire et résulte d'une demande globale insuffisante, pas d'un salaire trop élevé. La politique budgétaire peut résorber le chômage conjoncturel.
L'essor des plateformes numériques (Uber, Deliveroo) crée de nouveaux statuts hybrides entre salariat et indépendance. La question de la requalification en salarié est au cœur des litiges judiciaires et des débats législatifs en Europe.
L'IA générative automatise des tâches cognitives autrefois réservées aux travailleurs qualifiés. Des études (Goldman Sachs, McKinsey) estiment que 60 à 70% des tâches actuelles pourraient être partiellement automatisées d'ici 2035.
Expérimentée en Islande (2015–2019), au Royaume-Uni (2022) et en Belgique. Les résultats montrent une productivité stable ou en hausse, une réduction du stress et un meilleur équilibre vie pro/perso. Débat sur la généralisation.
Post-COVID, de nombreux secteurs (santé, BTP, hôtellerie, tech) peinent à recruter. Phénomène de la «Grande Démission» aux USA. En Europe : vieillissement démographique, inadéquation formation/besoins du marché.