+3,1% Croissance mondiale 2024
+5,8% Inflation zone euro (pic 2022)
5,1% Chômage mondial BIT
105T$ PIB mondial (USD)
92T$ Dette publique mondiale

Objet & méthode

La macroéconomie adopte une vision agrégée : elle raisonne sur des grandeurs globales (PIB, consommation totale, investissement total) plutôt que sur les comportements individuels (objet de la microéconomie). Elle cherche à comprendre les cycles économiques, les déterminants de la croissance à long terme et les effets des politiques économiques.

Variables clés

  • PIB — Produit Intérieur Brut (production nationale)
  • Inflation — hausse générale du niveau des prix (IPC)
  • Chômage — taux de personnes actives sans emploi
  • Balance des paiements — solde des transactions avec l'extérieur
  • Taux d'intérêt — coût du crédit et signal de la politique monétaire
  • Taux de change — prix relatif des monnaies

Instruments de politique économique

  • Politique budgétaire (dépenses et recettes de l'État)
  • Politique monétaire (taux directeurs, QE — banque centrale)
  • Politique de change (interventions sur le forex)
  • Politique commerciale (droits de douane, accords)
  • Politique de l'offre (réformes structurelles)

Le PIB & la comptabilité nationale

Le PIB mesure la valeur de toute la production réalisée sur le territoire national en une année. Il peut être calculé par trois approches équivalentes :

PIB = C + I + G + (X − M)

C = consommation privée · I = investissement (FBCF) · G = dépenses publiques · X = exportations · M = importations

Approche production

Somme des valeurs ajoutées de toutes les branches d'activité. Évite les doubles comptages en soustrayant les consommations intermédiaires.

Approche dépenses

Formule C+I+G+(X−M). La plus utilisée pour l'analyse conjoncturelle. Décompose le PIB par source de demande finale.

Approche revenus

Somme des revenus distribués : salaires (W), profits (P), impôts nets de subventions. Montre la répartition de la valeur ajoutée.

Grandes écoles de pensée

Keynésianisme

John Maynard Keynes (1936) : la demande globale détermine la production à court terme. En récession, l'État doit relancer l'économie par la dépense publique (multiplicateur keynésien). Le chômage involontaire existe et le marché ne se régule pas spontanément.

Monétarisme (Friedman)

Milton Friedman : seule la masse monétaire détermine le niveau des prix à long terme. La politique monétaire doit suivre une règle fixe (k% de croissance de M). À long terme, la politique budgétaire est inefficace (crowding out).

Nouveaux Classiques (Lucas)

Anticipations rationnelles : les agents anticipent les politiques économiques et neutralisent leurs effets. L'inefficacité des politiques de stabilisation. Les cycles économiques résultent de chocs technologiques réels (RBC theory).

Nouveaux Keynésiens

Conciliation des rigidités nominales (salaires, prix) avec les anticipations rationnelles. Fondements microéconomiques des rigidités. Justification des interventions monétaires via les modèles DSGE utilisés par les banques centrales.

Croissance économique

Modèle de Solow

Robert Solow (1956) : la croissance de long terme dépend du progrès technique (exogène). L'accumulation de capital a des rendements décroissants. En état stationnaire, le PIB par tête croît au rythme du progrès technique. Convergence conditionnelle : les pays pauvres croissent plus vite si leurs paramètres structurels convergent.

Y = A · F(K, L)    avec A = productivité totale des facteurs (PTF)

Croissance endogène (Romer, Lucas)

Le progrès technique est le produit des décisions des agents (R&D, capital humain, apprentissage par l'expérience). Des externalités positives justifient les politiques publiques d'éducation et de soutien à l'innovation.

Croissance & inégalités

La courbe de Kuznets inverted-U suppose que les inégalités augmentent lors de la phase de développement puis diminuent. Piketty (Le Capital, 2013) documente la hausse des inégalités patrimoniales dans les pays développés depuis les années 1980 (r > g).

Politique monétaire & banques centrales

Les banques centrales (BCE, Fed, Banque d'Angleterre) pilotent la masse monétaire et les taux d'intérêt directeurs. Leur objectif principal est la stabilité des prix (inflation ≈ 2%). Depuis 2008, elles ont recouru à des politiques non conventionnelles : QE (rachat d'actifs), taux négatifs, forward guidance.

Règle de Taylor

Formule empirique reliant le taux directeur à l'écart d'inflation et à l'écart de production. Guide la plupart des banques centrales dans leurs décisions de taux.

Quantitative Easing

Achats massifs d'obligations par la banque centrale pour injecter des liquidités et faire baisser les taux longs. Utilisé par la Fed (2008), BCE (2015), Banque du Japon.

Ciblage d'inflation

Régime adopté par la plupart des banques centrales : fixer une cible explicite d'inflation (2%) pour ancrer les anticipations et réduire l'incertitude économique.

Notions connexes

Microéconomie Banque Dette Emploi Impôt Commerce Marché