01 Causes du changement climatique
Le changement climatique contemporain est dû à 95 % aux activités humaines (consensus scientifique GIEC AR6, 2021). Les émissions de gaz à effet de serre (GES) accumulés dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle perturbent l’équilibre radiatif de la Terre.
Énergie & industrie
Combustion du charbon, pétrole, gaz naturel. Production d’électricité, transports, industrie lourde (ciment, acier, chimie).
Agriculture & élevage
Méthane (CH₄) des ruminants et rizicultures. Protoxyde d’azote (N₂O) des engrais azotés. Déforestation pour cultures.
Déchets
Fermentation des décharges (méthane). Traitement des eaux usées. Incineration de déchets.
Autres
Fluides frigorigènes (HFC), procédés industriels spécifiques, solvants. Feux de forêts amplifiés.
02 L’effet de serre
L’effet de serre naturel est un phénomène indispensable à la vie : sans lui, la température moyenne de la Terre serait de −18°C au lieu de +15°C. Le problème est l’effet de serre additionnel créé par les émissions humaines.
Le rayonnement solaire (ondes courtes) traverse l’atmosphère et réchauffe la surface terrestre.
La surface émet un rayonnement infrarouge (ondes longues) vers l’espace.
Les GES (CO₂, CH₄, vapeur d’eau) absorbent une partie de ce rayonnement et le reréémettent dans toutes les directions, dont vers la Terre.
L’excès de GES renforce l’effet de serre, piégeant davantage de chaleur et élevant la température moyenne mondiale.
La concentration de CO₂ atmosphérique atteint 424 ppm en 2024, contre 280 ppm à l'ère préindustrielle. C'est le niveau le plus élevé depuis au moins 3 millions d'années.
03 Observations scientifiques
Réchauffement moyen global depuis 1850–1900. Les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu depuis 2010. 2023 était l’année la plus chaude depuis les mesures instrumentales.
Montée du niveau de la mer depuis 1880. Rythme actuel : 3,7 mm/an et accélérant. À 2°C, on attend 0,5 m supplémentaire d’ici 2100.
Taux de déclin de la banquise arctique estivale depuis 1979. En 2035, l’Arctique pourrait connaître ses premiers étés sans glace.
Concentration de CO₂ en 2024. Augmentation de 2,5 ppm/an en moyenne. La dernière fois que la Terre avait 400 ppm, c’était il y a 3 millions d’années.
Réduction de l’épaisseur des glaciers alpins depuis 1900. Les Alpes ont perdu 50 % de leur surface glaciaire. En France, le glacier de la Mer de Glace a reculé de 2 km en un siècle.
Vitesse de réchauffement des océans. Les océans absorbent 90 % de la chaleur excédentaire. Acidification : pH océanique en baisse de 0,1 unité depuis 1750.
04 Impacts
🌊 Océans
Acidification (menace sur coraux, coquillages). Réchauffement (blanchiment des coraux : 50 % des récifs perdus). Stratification réduisant la circulation thermohalique.
🧊 Cryosphère
Fonte du Groenland (contribution potentielle +7 m de montée des eaux), de l’Antarctique (+58 m potentiel). Dégel du perméfrost : libération de méthane (rétroaction positive).
🌿 Écosystèmes
Déplacement des aires de répartition des espèces (à plus haute altitude ou latitude). Modifications des cycles de floraison. Feux de forêts plus fréquents et intenses.
💧 Eau douce
Fonte des glaciers menaçant l’approvisionnement de 2 Mrd de personnes. Sécheresses plus longues. Inondations plus intenses. Modification des régimes de précipitations.
🌾 Agriculture
Rendements en baisse dans les pays tropicaux (−2 à −6 %/°C). Nouvelles zones cultivables dans les hautes latitudes. Stress hydrique. Menace sur la sécurité alimentaire de 3 Mrd de personnes.
🏙️ Villes
Iles de chaleur urbaine. Inondations côtières (100 M de personnes en dessous du niveau de crue centennale). Stress sur les infrastructures. Migrations climatiques estimées à 200 M de personnes d’ici 2050.
❤️ Santé
Extension des aires des vecteurs de maladies (dengue, malaria). Chaleurs extrêmes (300 000 morts/an liés à la chaleur d’ici 2050). Malnutrition. Qualité de l’air dégradée.
💰 Économie
Coûts des catastrophes climatiques : 313 Mrd USD en 2022. PIB mondial −23 % d’ici 2100 à 4°C (Deaton Institute). Péril pour 600 M de personnes côtières.
05 Scénarios GIEC (SSP)
Le GIEC définit des scénarios SSP (Shared Socioeconomic Pathways) combinant des trajectoires socio-économiques et des niveaux d’émissions pour projeter le réchauffement d’ici 2100.
Émissions nettes nulles avant 2050. Sociétés durables, développement bas-carbone global. Suppose des efforts immédiats et massifs.
Engagements ambitieux et tenus. Compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. Nécessite une baisse immédiate des émissions.
Politiques intermédiaires. Tendances actuelles légèrement améliorées. Risques importants mais gestion possible.
Fragmentation géopolitique, peu de coopération. Développement énergétique hétérogène. Impacts sévères.
Croissance fossile accélérée. Aucune action climatique. Impacts catastrophiques et irréversibles. Civilisation menacée.
06 Points de bascule climatique
Les points de bascule (tipping points) sont des seuils dans le système climatique où un petit changement peut déclencher une transition rapide et auto-entretenue vers un nouvel état. Leur franchissement pourrait être irréversible à l’échelle humaine.
Blanchissement des coraux
Les récifs coralliens tropicaux disparaissent de façon permanente. 500 millions de personnes dépendant de la pêche et du tourisme affectées.
Calotte glaciaire du Groenland
Déstabilisation irréversible. Contribution potentielle à la montée des eaux : +7 m sur des siècles à millénaires.
Dégel du perméfrost
Le perméfrost (zone de sol gelé en permanence) libère du méthane et du CO₂ stockés depuis des millénaires — emballement du réchauffement.
Forêt amazonienne
L’Amazonie pourrait basculer en savane (due à la déforestation + sécheresse). Perte d’un puits de carbone colossal, libérant 150 Gt CO₂.
Circulation AMOC
Ralentissement ou arrêt de l’AMOC (Gulf Stream et al.). Refroidissement brutal de l’Europe du Nord-Ouest, pert urbation des moussons mondiales.
Boucliers Antarctiques
Déstabilisation des calottes glaciaires antarctiques de l’Ouest (WAIS). Contribution potentielle à la montée des eaux de +3–5 m.
07 Solutions
Atténuation (réduire les émissions)
- Énergies renouvelables : solaire, éolien, hydraulique. Coûts en chute libre (solaire −90 % depuis 2010).
- Efficacité énergétique : bâtiments passifs, transports électriés, industrie décarbonisée.
- Tarification carbone : marchés carbone, taxes carbone dans 70 pays. Prix moyen : 20 USD/t CO₂ (besoin : 100–200).
- Reforestation et sols : forêts, prairies et sols stockent 2,6 Gt CO₂/an naturellement.
- Hydrogène vert, captage-stockage de carbone (CCS), énergie nucléaire comme complément.
Adaptation (s’adapter aux impacts)
- Infrastructure résiliente : dikes, toits verts, villes éponge, retraits côtiers planifiés.
- Agriculture adaptée : variétés résistantes, agroécologie, gestion durable de l’eau.
- Solutions fondées sur la nature : mangroves, zones humides, corridors écologiques.
- Systèmes d’alerte précoce : réduire les décès liés aux catastrophes météorologiques.
- Protection sociale : filets de sécurité pour les populations vulnérables (migrants climatiques).
08 Le GIEC — Autorité scientifique mondiale
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC / IPCC) est créé en 1988 par le PNUE et l’OMM. Il n’effectue pas de recherches propres mais synthétise la littérature scientifique mondiale.
Rapport AR6 (2021–2022)
6e rapport d’évaluation en trois volets : bases physiques, impacts et adaptation, atténuation. Conclusion : le réchauffement est « sans équivoque » d’origine humaine. Chaque demi-degré compte.
Rapport spécial 1,5°C (2018)
Montre la différence critique entre 1,5 et 2°C : 10 millions de personnes exposées à la montée des eaux en plus, extinction de 70 % vs 99 % des coraux.
Prix Nobel de la Paix 2007
Le GIEC et Al Gore ont partagé le Nobel pour « leurs efforts pour développer et diffuser une meilleure connaissance du changement climatique d’origine humaine ».
Rapport AR7 (2027)
Prochain cycle d’évaluation. Inclura des développements sur l’IA pour la modélisation climatique, l’attribution d’événements extrêmes et les solutions de captur de carbone.