⚠️ Neurotoxicité & Tragédie de Minamata
Le mercure est l'un des métaux les plus toxiques pour le système nerveux central. Le méthylmercure (CH₃Hg⁺), sa forme organique la plus dangereuse, traverse facilement la barrière hémato-encéphalique et le placenta. Il s'accumule dans le cerveau, causant des tremblements, des troubles visuels (rétrécissement du champ visuel), des ataxies, des paralysies et des troubles cognitifs. Chez le fœtus, une exposition in utero provoque des malformations neurologiques sévères même si la mère ne présente pas de symptômes.
La tragédie de Minamata (Japon, 1956-1968) est la catastrophe de pollution au mercure la plus documentée. L'usine Chisso déversait dans la baie des eaux contaminées au méthylmercure depuis 1932. La population locale, se nourrissant de poissons et de crustacés de la baie, développa la « maladie de Minamata » : 2 265 cas officiels reconnus, des milliers de victimes non reconnues. Les images des victimes — enfants aux malformations sévères, adultes tremblants — choquèrent le monde et lancèrent le mouvement de protection de l'environnement au Japon.
La Convention de Minamata (2013, entrée en vigueur 2017, ratifiée par 140 pays) vise à éliminer progressivement les usages du mercure dans les produits (thermomètres, baromètres, amalgames dentaires, lampes fluorescentes compactes) et les procédés industriels (extraction artisanale d'or, chlore-soude).