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ADN

L'acide désoxyribonucléique — molécule de l'hérédité, du développement et de la vie. Deux mètres de double hélice compressés dans un noyau de 6 µm, portant l'instruction de construction d'un être humain entier.

A
Adénine
s'apparie avec T · 2 liaisons H
T
Thymine
s'apparie avec A · 2 liaisons H
C
Cytosine
s'apparie avec G · 3 liaisons H
G
Guanine
s'apparie avec C · 3 liaisons H
3.2 Gpbpaires de bases dans le génome humain
~20 000gènes codants dans le génome humain
~2 md'ADN dans chaque cellule humaine
98.7 %identité ADN humain-chimpanzé

// 01 — Chimie Moléculaire

Structure de l'ADN

Le nucléotide — unité de base

Chaque nucléotide d'ADN est constitué de trois composants covalentement liés :

Sucre

Le désoxyribose (C₅H₁₀O₄) — pentose dont le carbone 2' porte un H au lieu d'un OH (contrairement au ribose de l'ARN). Les carbones sont numérotés 1' à 5'.

Phosphate

Groupe phosphate (PO₄³⁻) lié en 5'. Crée les liaisons phosphodiester avec le 3'-OH du désoxyribose suivant — épine dorsale polyanionique de l'ADN.

Base azotée

Liée en 1'. Deux purines (Adénine, Guanine — deux cycles) et deux pyrimidines (Cytosine, Thymine — un cycle). La règle de Chargaff : [A]=[T] et [C]=[G].

La double hélice — Watson et Crick (1953)

Structure B (forme dominante dans les cellules) : deux brins antiparallèles (5'→3' et 3'→5') enroulés en hélice droite. Pas d'hélice = 3,4 nm (10,5 pb). Diamètre = 2 nm. Grand sillon (22 Å) et petit sillon (12 Å) reconnus par les protéines de liaison à l'ADN.
/* Brin 5'→3' (sens de lecture) */
5' - ATCGACTGACGT - 3'
||||||||||||
3' - TAGCTGACTGCA - 5'
/* Brin 3'→5' (brin matrice) — complémentaire et antiparallèle */

Les deux brins sont maintenus par des liaisons hydrogène entre paires de bases complémentaires (A=T : 2 liaisons H ; C≡G : 3 liaisons H) et par des interactions d'empilement (π-stacking) entre bases adjacentes — qui contribuent davantage à la stabilité de la structure que les liaisons H.

Formes alternatives de l'ADN

FormeHélicePas (pb/tour)Conditions / Rôle
ADN-BDroite10,5Conditions physiologiques — forme dominante
ADN-ADroite11Conditions déshydratées. Hybrides ADN-ARN lors de la transcription
ADN-ZGauche12Séquences GC alternantes, méthylation — rôle régulateur possible
G-quadruplexTétramère GVariableRégions riches en G (télomères, promoteurs) — cibles thérapeutiques cancers
Triple héliceDroite + 3e brinVariableContrôle de transcription, base de l'antigène-ARN

// 02 — Compaction

Organisation de l'ADN dans la cellule

Compresser 2 m d'ADN dans un noyau de 6 µm exige un facteur de compaction de ~10 000×, réalisé en plusieurs niveaux hiérarchiques :

N1
ADN nu
Double hélice — 2 nm de diamètre
N2
Nucléosome
~146 pb enroulées autour d'un octamère d'histones (H2A, H2B, H3, H4)×2 — 11 nm
N3
Fibre 30 nm
Nucléosomes empilés (solénoïde ou zig-zag) + histone H1
N4
Domaines
Boucles de 50–200 kb ancrées à la matrice nucléaire — 300 nm
N5
Chromosome
Condensation maximale en métaphase — 700 nm, visible au microscope optique
Nucléosome — unité de répétition : ~147 pb d'ADN font 1,65 tours autour d'un octamère d'histones. L'ADN internucléosomal (linker, ~20–80 pb) est lié à H1. Les modifications des queues d'histones (acétylation, méthylation, phosphorylation) constituent le « code histone » — régulation épigénétique de l'expression génique.

ADN dans les différents compartiments cellulaires

CompartimentADNCaractéristiques
Noyau (eucaryotes)ADN nucléaire — ~3,2 Gpb (humain)Linéaire, associé à des histones, organisé en chromosomes
MitochondriesADNmt — 16 569 pb (humain)Circulaire, pluricopiés (~1 000/cellule), hérédité maternelle, 37 gènes
ChloroplastesADNcp — ~130–160 kbCirculaire, ~100 copies/chloroplaste, ~80–100 gènes
ProcaryotesChromosome bactérien — 0.5–10 Mpb selon espèceCirculaire, peu ou pas d'histones (HU, HNS), dans le nucléoïde
Plasmides (bactéries)1 kb–1 MpbCirculaires, extrachromosomiques, transfert horizontal, résistance antibiotiques

// 03 — Copie Fidèle

Réplication de l'ADN

Mécanisme semi-conservatif (Meselson & Stahl, 1958) : chaque molécule-fille contient un brin parental conservé et un brin nouvellement synthétisé. La réplication est bidirectionnelle à partir d'origines (oriC), proceéde à ~50 pb/s chez l'humain (vs ~1 000 pb/s chez E. coli).

Acteurs moléculaires de la réplication

ProtéineFonctionVitesse / Propriétés
Hélicase (MCM 2–7)Déroule la double hélice à la fourche de réplication — rompt les liaisons H~30–50 pb/s chez l'humain
PrimaseSynthétise de courts ARN amorces (primers ~10 nt) pour initier la synthèseIndispensable — ADN Pol III ne peut pas initier de novo
ADN Pol δ (brin retardé)Synthèse des fragments d'Okazaki (brin retardé, en discontinu)~1 kb/fragment, correction d'épreuves 3'→5'
ADN Pol ε (brin directeur)Synthèse continue du brin directeur (5'→3')Haute processivité avec PCNA (anneau coulissant)
ADN Pol αSynthèse des amorces (ARN + ADN court) — recrute Pol δ/εBasse fidélité, courte extension
RNase H / FEN1Excision des amorces ARN des fragments d'OkazakiEssentiel pour la maturation du brin retardé
ADN Ligase ILigue les fragments d'Okazaki (refermez les coupures via ATP)Indispensable pour l'intégrité du brin retardé
Topoisomérases I/IIRelâchent les tensions de torsion en amont de la fourcheCibles des antibiotiques (fluoroquinolones) et anticancéreux
Protéines RPAStabilisent les brins monobrin à la fourche (SSB eucaryotes)Protection contre nucléases et formations secondaires
TéloméraseAllonge les télomères (TTAGGG)n aux extrémités chromosomiquesPrésente dans cellules souches, germinales, cancéreuses ; absente dans la plupart des cellules somatiques
Problème des extrémités : l'ADN pol ne peut synthétiser qu'en 5'→3' et nécessite une amorce. L'amorce ARN du dernier fragment d'Okazaki sur le brin retardé ne peut pas être remplacée → raccourcissement des chromosomes à chaque division. Les télomères (TTAGGG × des milliers) sont le « fusible » sacrifié à chaque cycle. La télomérase (ARN + TERT) les allonge dans les cellules appropriées.

// 04 — ARN Messager

Transcription — ADN vers ARN

La transcription est la synthèse d'une molécule d'ARN complémentaire à un brin d'ADN par l'ARN polymérase, sans nécessité d'amorce, toujours de 5' vers 3'.

Chez les eucaryotes

ARN PolProduitLocalisation
ARN Pol IARNr 28S, 18S, 5.8S (rDNA répété, ~200 copies)Nucléole
ARN Pol IIARNm, ARNsn, la plupart des lncARN, miARN précurseursNucléoplasme
ARN Pol IIIARNt, ARNr 5S, ARN7SL, ARN vaultNucléoplasme

Étapes de la transcription eucaryote

Initiation

Les facteurs de transcription généraux (TFIIA, B, D, E, F, H) reconnaissent la boîte TATA (TATAAA, -30 pb) et le TSS. TFIIH phosphoryle la CTD de Pol II → complexe d'initiation déconnecté → promoter clearance.

Élongation

Pol II synthétise l'ARNpré-m à ~30–50 nt/s. La coiffe m⁷G est ajoutée co-transcriptionnellement dès ~25–30 nt (protection 5'). Épissage co-transcriptionnel via le spliceosome (snRNP U1, U2, U4, U5, U6).

Maturation

Épissage des introns (séquences GU-AG). Polyadénylation 3' (signal AATAAA → ~200 A) → stabilité de l'ARNm. Export nucléo-cytoplasmique via les pores nucléaires (mRNP).

Épissage alternatif : ~94 % des gènes humains multi-exoniques subissent un épissage alternatif → un gène peut produire des dizaines de protéines différentes selon le tissu ou le contexte. Exemple : le gène DSCAM de la Drosophile peut théoriquement générer 38 016 isoformes différentes par épissage alternatif.

// 05 — Code Génétique

Traduction — ARN vers Protéine

La traduction est la décodification du message génétique (ARNm) en séquence d'acides aminés par les ribosomes, selon les règles du code génétique.

Le code génétique

/* Code génétique — 64 codons (4³), 20 AA + 3 stops */
AUG = Met (Start)  |  UAA UAG UGA = STOP
/* Propriétés du code : universel (quasi), dégénéré (redondant), non-ambiguë */
/* 61 codons sens → 20 AA : la 3e base est souvent « wobble » */
UUU/UUC=Phe   UUA/UUG=Leu   CCU/CCC/CCA/CCG=Pro
GGU/GGC/GGA/GGG=Gly   GAU/GAC=Asp   GAA/GAG=Glu

Mécanisme de la traduction

PhaseActeursÉvénement clé
InitiationARNm, SSU (40S+eIFs), Met-ARNt initiateur, GTPReconnaissance du codon AUG (scanning 5'→3'), assemblage 80S
ÉlongationRibosome 80S (3 sites A/P/E), ARNt aminoacylés, EF-1α/EF-2, GTPDécodage anticodon-codon, peptidyl-transfert (ARNr 23S catalyse), translocation
TerminaisonFacteurs de libération eRF1 (tripeptide GGQ), eRF3Reconnaissance codon stop → hydrolyse liaison peptidyl-ARNt → libération protéine
RecyclageFacteurs ABC, Ligatin/eIF2DDissociation 80S → réutilisation sous-unités
Dogme central de la biologie moléculaire (Crick, 1958/1970) : ADN → ARN → Protéine. Les flux d'information possibles sont : ADN→ADN (réplication), ADN→ARN (transcription), ARN→protéine (traduction), ARN→ADN (transcriptase inverse des rétrovirus). L'information ne coule jamais de la protéine vers l'acide nucléique.

// 06 — Variations Génétiques

Mutations de l'ADN

Une mutation est toute modification héréditaire de la séquence d'ADN. Elles sont la source fondamentale de variation génétique, moteur de l'évolution et cause de maladies.

Types de mutations ponctuelles

TypeDescriptionEffet sur la protéineExemples
Synonyme (silencieuse)Changement de base sans changement d'AA (code dégénéré)Aucun (généralement)CCU→CCC (Pro→Pro)
Faux-sens (missense)Changement d'AAVariable selon AA et positionHbS (Glu6→Val) → drépanocytose
Non-sens (nonsense)Codon sens → codon stopProtéine tronquée (souvent non-fonctionnelle → NMD)p.Gln39* dans CFTR
Insertion/Délétion (indel)Ajout ou perte de nucléotidesSouvent frameshift → protéine aberranteΔF508 dans la mucoviscidose
Expansion de tripletsRépétition anormale d'un trinucléotideGain de toxicité ou perte de fonctionCAG dans Huntington, CGG dans X fragile

Agents mutagènes

Agents chimiques

Analogues de bases (5-bromouracile), agents alkylants (EMS, nitrogen mustard — chimiothérapie), agents intercalants (bromure d'éthidium, acridines), déamination spontanée (C→U : ~100–500/cellule/jour).

Agents physiques

UV (photodimères cyclobutyliques CPD et 6-4PP entre pyrimidines adjacentes), rayonnements ionisants (cassures simple et double brin, bases oxydées — 8-oxoguanine très mutagène).

Agents biologiques

Transposons (éléments mobiles — 45 % du génome humain). Rétrovirus (insertion dans le génome hôte). APOBEC (mutagénèse en contexte de réponse antivirale — très fréquente dans les cancers).

// 07 — Stabilité Génomique

Réparation de l'ADN

Les cellules réparent ~10 000 lésions par cellule par jour. Des défauts dans la réparation de l'ADN sont la base de nombreux syndromes de prédisposition au cancer.

VoieLésions ciblesGènes clésSyndrome de déficit
BER (Base Excision Repair)Bases oxydées, désamination, dépurinationOGG1, APE1, PARP1, Pol β, LigIIIRisque colorectal (MUTYH)
NER (Nucleotide Excision Repair)Photodimères UV, adduits volumineuxXPC, XPA, ERCC1-2, TFIIH, RPAXeroderma Pigmentosum
MMR (Mismatch Repair)Mésappariements post-réplication, indels dans répétitionsMSH2/6, MLH1, PMS2Syndrome de Lynch (CCR héréditaire)
HR (Recombinaison Homologue)Cassures double brin (haute fidélité)BRCA1/2, RAD51, RPA, MRN complexCancer sein/ovaire héréditaire
NHEJ (Non-Homologous End Joining)Cassures double brin (mutagène)Ku70/80, DNA-PK, Artemis, Lig IVImmunodéficiences combinées
Réparation directO⁶-méthylguanine (alkylation)MGMT (déméthylase)Résistance témozolomide (GBM)
BRCA1/2 et réparation par HR : les mutations pathogènes de BRCA1 (17q21) ou BRCA2 (13q12) → défaut de HR → accumulation de cassures double brin → instabilité génomique → cancer du sein (risque cumulé 55–72 %) et de l'ovaire (17–44 %). Les inhibiteurs de PARP (olaparib, niraparib) exploitent la létalité synthétique BRCA1/2 × PARP1 pour cibler spécifiquement les cellules tumorales déficientes en HR.

// 08 — Génomique

Le génome humain

Taille totale

~3,2 milliards de paires de bases (haploïde) dans 23 chromosomes (22 autosomes + 1 sexuel). Si étiré, l'ADN d'une cellule = ~2 m. Celui de 37 trillions de cellules = ~2× la distance Terre-Pluto.

Gènes codants

~20 000–25 000 gènes codants pour des protéines. Seulement ~1,5 % du génome est exonique. ~75 % du génome est transcrit en ARN (ENCODE) mais la vaste majorité est non-codant (lncARN, ARN circulaires, etc.).

Répétitions

~45 % de répétitions : rétroéléments LINE (~20 %), SINE/Alu (~13 %), LTR-rétrotransposons (~8 %), transposons à ADN (~3 %). Anciens « parasites génomiques » co-optés par l'évolution.

Variations

Entre deux humains : ~4–5 millions de SNP (single nucleotide polymorphisms) + ~3–5 Mb de différences structurales (CNV, inversions). 99,9 % d'identité de séquence entre individus humains.

Projet Génome Humain

Lancé en 1990, le séquençage du génome humain a été complété en 2001 (brouillon) puis 2003 (complet à 92 %). En 2022, le consortium T2T (Telomere-to-Telomere) a achevé le premier génome humain complet à 100 %, incluant les régions centromériques et télomériques très répétitives — 400 millions de pb supplémentaires séquencés.

// 09 — Technologies

Biotechnologies de l'ADN

PCR (1983)

Polymerase Chain Reaction — amplification exponentielle d'une séquence cible. Cycles de dénaturation (95°C), hybridation (55–65°C), extension (72°C). 30 cycles → 10⁹ copies. Nobel 1993 (Mullis). Base du diagnostic moléculaire, RT-PCR (COVID-19).

Séquençage

Sanger (1977, Nobel) → séquençage massif parallèle NGS (Illumina — 150–300 pb, milliards de lectures) → séquençage long fragment (PacBio, Oxford Nanopore — jusqu'à 2 Mb/lecture). Un génome humain complet en 8h pour <1 000 $.

CRISPR-Cas9

Système d'édition génomique précis — ARNguide + nucléase Cas9 → cassure DSB au site ciblé → réparation par NHEJ (indel) ou HR (remplacement). Applications médicales : thérapies géniques de la drépanocytose (Casgevy, approuvé 2023), bêta-thalassémie, cancer. Nobel 2020 (Charpentier & Doudna).

Génomique médicale

Tests génétiques (BRCA1/2, pharmacogénomique), DPN (diagnostic préimplantatoire), liquid biopsy (ADN tumoral circulant), médecine de précision oncologique (séquençage tumoral). Séquençage de nouvelle génération dans la pratique clinique courante.

ADN recombinant

Clonage d'un gène dans un vecteur (plasmide, phage) → expression dans une cellule hôte (bactérie, levure, cellule CHO). Production d'insuline recombinante (Eli Lilly, 1982), érythropoïétine, anticorps monoclonaux, vaccins (HBV, HPV).

Métagénomique & ADNe

Séquençage de l'ADN environnemental (eau, sol, air) → inventaire de la biodiversité sans culture. ADN ancien (aDNA) depuis os fossilisés → génomique des Néandertaliens (Pääbo, Nobel 2022), mammouths, pathogènes historiques (Yersinia pestis médiévale).

// 10 — Chronologie

Histoire des découvertes sur l'ADN

1869
Friedrich Miescher — « Nucléine »
Isole une substance acide des noyaux de globules blancs — première extraction d'acide nucléique, alors appelée nucléine. Pressentait son rôle dans la transmission héréditaire.
1928
Frederick Griffith — Transformation bactérienne
Expérience des pneumocoques (virulents et non-virulents) → un « principe transformant » transfère la virulence entre bactéries. Première preuve indirecte que l'ADN porte l'information génétique.
1944
Avery, MacLeod & McCarty — L'ADN est le matériel génétique
Identifient le principe transformant de Griffith comme de l'ADN (non une protéine) — preuve biochimique directe, longtemps contestée.
1950
Erwin Chargaff — Règles de Chargaff
[A]=[T] et [C]=[G] dans tout ADN analysé, mais ratio A+T/G+C varie selon les espèces — clé décisive pour Watson et Crick.
1952
Rosalind Franklin — Cliché 51
Photo de diffraction des rayons X de l'ADN-B révèle la structure hélicoïdale, le pas de 3,4 nm et le diamètre de 2 nm — données utilisées sans son consentement par Watson et Crick.
1953
Watson & Crick — Double hélice
Publication dans Nature de la structure de la double hélice d'ADN — « Cette structure a des implications biologiques notables. » Prix Nobel 1962 (avec Wilkins, mais pas Franklin, décédée en 1958).
1958
Meselson & Stahl — Réplication semi-conservative
Marquage ¹⁵N/¹⁴N + centrifugation → preuve expérimentale de la réplication semi-conservative — « la plus belle expérience de biologie ».
1961
Nirenberg, Khorana & Holley — Code génétique
Déchiffrement complet du code génétique (64 codons, 20 AA + 3 stops). Nobel 1968. Poly-UUU → Phénylalanine — premier codon déchiffré.
1977
Sanger & Gilbert — Séquençage de l'ADN
Deux méthodes de séquençage (didésoxy-terminators et chimique). Nobel 1980. Séquençage du phage φX174 (5 375 pb) — premier génome séquencé.
1983
Kary Mullis — PCR
Invention de la PCR sur la route 128 (Californie) — révolutionne la biologie moléculaire, la médecine légale, le diagnostic. Nobel 1993.
2001–2003
Consortium HGP & Celera — Génome humain
Publication du brouillon (2001) puis de la séquence complète (2003) du génome humain. 2,9 Gpb, ~20 000 gènes.
2012–2020
Charpentier, Doudna & Zhang — CRISPR-Cas9
Description de CRISPR-Cas9 comme outil d'édition génomique programmable. Nobel 2020 (Charpentier & Doudna). Première thérapie génique CRISPR approuvée : Casgevy (2023, drépanocytose).