Gynécologie · Endocrinologie féminine
Arrêt définitif des menstruations résultant de la déplétion des follicules ovariens et de la chute des estrogènes. Phénomène physiologique universel chez la femme, survenant en moyenne à 51 ans en France. Ses symptômes et complications à long terme peuvent être pris en charge efficacement.
| Hormone | Évolution | Conséquences | Valeurs |
|---|---|---|---|
| Estradiol (E2) | ↓↓↓ Chute progressive puis effondrement | Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, ostéoporose, risque cardiovasculaire accru, troubles cognitifs | Post-ménopause : < 20 pmol/L (norme cycles : 100-600 pmol/L selon phase) |
| Progestérone | ↓↓ Disparaît avec l'ovulation | Cycles irréguliers (en périménopause), saignements fonctionnels | Bas dès la péri-ménopause — taux basaux en post-ménopause |
| FSH (hormone folliculostimulante) | ↑↑↑ Forte élévation compensatoire | Stigmate hormonal de la ménopause — confirmation biologique | Post-ménopause : > 30 UI/L (parfois > 100 UI/L) |
| LH (hormone lutéinisante) | ↑↑ Élévation marquée | Compense le déficit en estrogènes — inefficace car absence de follicules répondants | Post-ménopause : > 20 UI/L |
| Androgènes (testostérone, DHEA) | ↓ Diminution progressive (mais plus lente que les estrogènes) | Baisse de libido, modification de la composition corporelle (prise de poids abdominale), fatigue | Testostérone totale diminue de 50% entre 20 et 50 ans |
| Inhibine B | ↓ Effacement des cellules granuleuses folliculaires | Marqueur précoce de la réserve ovarienne (avant que FSH ne monte) | Indétectable en post-ménopause — utile en AMH pour la fertilité |
| Traitement | Indication | Modalité | Bénéfices / Risques |
|---|---|---|---|
| Estrogènes seuls (utérus absent) | Femmes hystérectomisées | Estradiol par voie transdermique (patch, gel) — évite le premier passage hépatique (pas de risque thrombotique). Oral : estradiol micronisé. | Réduit bouffées (80%), sécheresse vaginale, ostéoporose. Pas de risque de cancer de l'endomètre sans utérus. |
| Estrogènes + Progestatifs (utérus présent) | Femmes non hystérectomisées | Estradiol transdermique + progestérone micronisée (Utrogestan) ou progestatif de synthèse. Progestérone naturelle préférable (moins de risque thrombotique et mammaire). | Protège l'endomètre. Réduit bouffées, ostéoporose, troubles urinaires. Bénéfice cardiovasculaire si débuté < 60 ans (window of opportunity). |
| THM local vaginal (SERMs) | GSM — sécheresse vaginale isolée | Crème ou ovules d'estrogènes locaux (estriol) — pas d'effet systémique. Ospémifène (SERM oral) si voie locale impossible. | Efficace sur GSM sans effets systémiques. Pas de CI mammaires habituelles. |
| Fenfluramine / SSRI / SNRI | Bouffées de chaleur si CI au THM | Venlafaxine 75 mg/j, paroxétine 20 mg/j, fluoxétine. Meilleure efficacité des SNRI/SSRI sur les bouffées (réduction 50-60%). | Alternativent sans hormones. Effet sur humeur. Attention interactions médicamenteuses. |
| Fezolinetant (Veoza) | Bouffées de chaleur modérées à sévères | Antagoniste des récepteurs NK3B (neurokinine B) — inhibe le circuit thermorégulateur hypothalamique. AMM 2023 (USA, Europe). | Réduction bouffées 60-70% sans hormones. Premier de classe. |