Neurologie · Maladies démyélinisantes

Sclérose
en plaquesmaladie démyélinisante auto-immune du SNC

Maladie chronique du système nerveux central caractérisée par des épisodes d'inflammation entraînant la démyélinisation des axones. Première cause de handicap neurologique non traumatique chez l'adulte jeune dans les pays occidentaux.

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Patients dans le monde
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Traitements de fond disponibles
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Formes rémittentes (SEPR)
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Portent une aide à la marche à 15 ans
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Physiopathologie

Auto-immunité — Lymphocytes T auto-réactifs
Rupture de la tolérance centrale et périphérique → lymphocytes T CD4+ (Th1, Th17) et CD8+ auto-réactifs dirigés contre les protéines de la myéline (MBP, MOG, PLP) → passage de la BHE → activation microgliale → lésions périventriculaires.
Démyélinisation & axonopathie
Destruction de la gaine de myéline par les lymphocytes T et les macrophages → blocage ou ralentissement de la conduction nerveuse. Dommages axonaux directs précoces → atrophie cérébrale progressive — substrat du handicap secondaire progressif.
Remyélinisation (partielle)
Oligodendrocytes précurseurs → remyélinisation partielle → récupération clinique (poussées). Mais remyélinisation incomplète, laissant des cicatrices (plaques scléreuses périventriculaires, juxtacorticales, infratentorielles, médullaires).
Facteurs de risque
Génétique : HLA-DRB1*15:01 (RR ×3-4). Environnement : déficit vitamine D (< 50 nmol/L), infection EBV (Epstein-Barr Virus — EBER1 exprimé dans les plaques), tabagisme, obésité, latitude nord (moins d'ensoleillement).
SEP rémittente-récurrente (SEPR) — 85%
Poussées cliniques avec récupération partielle ou totale (rémissions). Une poussée = apparition ou aggravation de symptômes neurologiques > 24h, hors fièvre. Après 15-20 ans : 50% évoluent en SEP secondairement progressive (SESP).
SEP secondairement progressive (SESP)
Après une phase rémittente initiale, progression continue du handicap ± poussées surajoutées. Correspond à la phase neurodégénérative. Peu sensible aux traitements immunomodulateurs.
SEP primitivement progressive (SEPP) — 15%
D'emblée progressive dès le début, sans poussée identifiable. Début plus tardif (40-50 ans). Prédominance spinale (paraplégie progressive). Traitement : ocrelizumab (anti-CD20).
Syndrome cliniquement isolé (SCI)
Premier épisode démyélinisant ne répondant pas encore aux critères McDonald. IRM + et PL + = risque élevé de SEP. Traitement de fond discuté dès ce stade.
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Symptômes fréquents & Diagnostic (Critères McDonald 2017)

SymptômeMécanismeParticularité SEP
Névrite optique rétrobulbaire (NORB)Démyélinisation du nerf optique (plaque intraorbitaire). Douleur rétro-oculaire à la mobilisation + baisse de l'acuité visuelle + dyschromatopsie + scotome central.Révèle la SEP dans 25% des cas. Fond d'œil normal (lésion rétrobulbaire). PEV allongés. Récupération habituelle en 4-6 semaines.
Troubles sensitifsParesthésies (fourmillements, brûlures) et hypoesthésie d'un membre ou d'un hémicorps. Signe de Lhermitte : décharge électrique descendante à la flexion du cou (lésion cervicale).Plaques spinales cervicales. Lhermitte = quasi-pathognomonique de la SEP.
Troubles moteurs — Syndrome pyramidalFaiblesse, spasticité, hyperréflexie, signe de Babinski. Paraparésie ou hémiparésie selon la localisation. Claudication médullaire.Plaques cervicales et thoraciques. Fatigabilité accrue avec la chaleur (signe d'Uhthoff — bloque la conduction des axones démyélinisés).
FatigueAsthénie intense, invalidante, présente dans 80-90% des cas. Aggravée par la chaleur, l'effort, les infections.Symptôme le plus fréquent et le plus invalidant. Non corrélé aux lésions IRM. Traitement : amantadine, repos, gestion de l'effort.
Troubles vésico-sphinctériensUrgenturie, pollakiurie, incontinence ou rétention. Dysfonction érectile.Présents chez 50-80% des patients. Impact majeur sur la qualité de vie. Bilan urodynamique.
Troubles cognitifsRalentissement du traitement de l'information, troubles de la mémoire de travail et de l'attention. Présents chez 40-65%.Corrélés à l'atrophie cérébrale et à la charge lésionnelle. Bilan neuropsychologique.
Critères McDonald 2017 : Dissémination spatiale (≥ 2 lésions en T2 dans au moins 2 zones cibles : périventriculaire, juxtacortical, infratentoriel, médullaire) ET dissémination temporale (≥ 2 poussées distinctes ou lésion prenant le contraste + lésion T2 sans contraste simultanées, ou bandes oligoclonales dans le LCR). IRM est le gold standard — 30+ lésions ovales périventriculaires orientées perpendiculairement aux ventricules (doigts de Dawson).
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Traitements de fond (TMD)

TraitementClasseMécanismeEfficacité (RRR)
Interféron bêta (Rebif, Avonex, Betaferon)Première ligne — modéréeModulation immunitaire — réduction de l'expression des molécules d'adhésion, réduction du passage de la BHE.RRR 30-35%
Acétate de glatiramère (Copaxone)Première ligne — modéréeMimétique de la protéine basique de la myéline → induction de lymphocytes T régulateurs (Th2).RRR 30-35%
Diméthyl fumarate (Tecfidera)Première ligne — modérée-hauteActivation de la voie Nrf2 (antioxydante) → réduction du stress oxydatif et modulation immunitaire.RRR 50%
Tériflunomide (Aubagio)Première ligne — modéréeInhibition de la synthèse des pyrimidines → réduction de la prolifération des lymphocytes T et B.RRR 32%
Natalizumab (Tysabri)Haute efficacitéAnticorps anti-intégrine α4 → blocage de la migration des lymphocytes à travers la BHE. Risque de LEMP (LMP — virus JC). IV mensuel.RRR 68%
Ocrelizumab (Ocrevus)Haute efficacité — SEPR et SEPPAnticorps anti-CD20 → déplétion des lymphocytes B (impliqués dans la pathogenèse). IV semestrielle. 1er traitement de la SEPP.RRR 47-46%
Alemtuzumab (Lemtrada)Haute efficacité — formes activesAnticorps anti-CD52 → déplétion profonde des lymphocytes T et B → reconstitution du système immunitaire. 2 cures (J1-J5, J1-J3 à 12 mois). Risque effets secondaires auto-immuns secondaires.RRR 49-54%
Ofatumumab (Kesimpta)Haute efficacitéAnticorps anti-CD20 sous-cutané mensuel (après 3 doses de chargement). Équivalent ocrelizumab avec auto-injection.RRR 50%
Références :ECTRIMS/EAN — Guideline on pharmacological treatment of people with MS, 2018. · Thompson AJ. et al. — Diagnosis of multiple sclerosis: 2017 revisions of the McDonald criteria. Lancet Neurol, 2018. · HAS — SEP — Guide du parcours de soins, 2023. · Kappos L. et al. — Ocrelizumab versus Interferon Beta-1a in Relapsing Multiple Sclerosis. NEJM, 2016.