Sciences de la Terre · Climatologie & Pédologie
La désertification est la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, résultant d'une combinaison de facteurs climatiques et d'activités humaines. Elle constitue l'une des crises environnementales les plus graves du XXIe siècle.
Étiologie
Le nombre excessif de têtes de bétail compacte et dénude les sols, détruisant le couvert végétal protecteur. Les savanes africaines et les steppes d'Asie centrale en sont des exemples frappants.
L'abattage des arbres pour le bois de feu et l'agriculture expose les sols aux vents et à la pluie, accélère l'érosion et diminue le recyclage local de l'eau.
Les pratiques non durables (monocultures, labour excessif, irrigation inadaptée) épuisent la matière organique du sol et peuvent provoquer la salinisation des terres irriguées.
L'augmentation des températures allonge les sécheresses, réduit les précipitations dans les zones déjà fragiles et intensifie l'évapotranspiration, fragilisant davantage les écosystèmes.
La surexploitation des aquifères fossiles et le détournement des cours d'eau assèchent les zones humides, privant les végétaux d'eau et accélérant la dégradation. Exemple : la mer d'Aral.
La croissance rapide de la population dans les zones sahéliennes et sahariennes pousse à l'extension des surfaces cultivées et à l'exploitation accrue des ressources naturelles.
Données mondiales · UNCCD 2023
Géographie
Histoire & Conventions
Selon l'IPCC (2022), sans action immédiate, jusqu'à 56 millions de personnes pourraient être contraintes de migrer depuis les régions sub-sahariennes et Méditerranéennes d'ici 2030 en raison de la désertification et des sécheresses aggravées par le changement climatique. Le coût de l'inaction dépasse 10 fois celui des mesures de restauration préventive.
Restauration des terres
Intégrer des arbres dans les systèmes agricoles stabilise les sols, régule le microclimat et améliore la fertilité. La technique du "demi-lune" et les plantations en courbes de niveau ont restauré des millions d'hectares au Burkina Faso.
Collecte des eaux de pluie (jessour, zaï, tanks), irrigation goutte-à-goutte et recharge des nappes phréatiques permettent de maintenir l'humidité dans les zones les plus sèches.
Plutôt que de replanter, encourager la repousse spontanée des arbres et arbustes via la protection des repousses existantes. Au Niger, 5 millions d'hectares ont été régénérés à faible coût.
Le non-labour, la couverture permanente du sol et les rotations de cultures maintiennent la structure et la biologie du sol, limitant l'érosion et améliorant la rétention d'eau.
La sécurisation des droits fonciers encourage les agriculteurs à investir dans la durabilité de leurs terres. Les paiements pour services écosystémiques rémunèrent la restauration et la conservation.